27 mars 2006

Contre une immigration jetable [bis]

Un autre texte, à l'attention des artistes, rédigé par Nathalie Ferré, présidente du GISTI :

"Pour quoi faut-il se mobiliser contre le nouveau projet de loi sur l'immigration ?

"Uni(e)s contre l¹immigration jetable" est un collectif qui comprend aujourd'hui plus de 300 organisations. Le nom qu'il a choisi résume la philosophie principale du projet gouvernemental.
Ce projet n'est pas une réforme de plus du statut des étrangers vivant en France. Il s'inscrit dans un véritable projet de société dangereux pour les droits et libertés de tous, et gouverné par les intérêts économiques. Après « le travailleur jetable » avec les « contrats nouvelles embauches » dans les petites entreprises, et demain « les jeunes jetables » avec le CPE,
voilà « l'immigré jetable », quelqu'un qui n'a d'intérêt qu'au regard de la force de travail qu'il représente, dépourvu de droit et prié de déguerpir dès lors que l'on n'a plus besoin de lui.

Tout ce qui ne représente pas d¹intérêt économique sous-entendu qui constitue même une charge » pour nous - doit être banni et interdit d'entrée en France. C'est ce que le gouvernement appelle « l'immigration subie ». Peu importe que soient en jeu des droits fondamentaux :
- ne sont pas désirés les conjoints de Français. Terminé le droit d'aimer un étranger ou un étrangère et vouloir vivre cet amour en France. Les consulats ne délivreront pas le visa exigé par le projet : les personnes seront condamnées à vivre séparément, dans la clandestinité en France ou ailleurs dans un autre pays dans lequel ils n'avaient pas forcément envie de vivre ;
- ne sont pas désirés et c'est peu de le dire les membres de famille d'un étranger installé régulièrement en France (procédure de regroupement familial). Les conditions fixées par la loi sont déjà drastiques : le projet en rajoute une couche avec la condition d'intégration républicaine librement appréciée par les préfets et sur laquelle le maire de la commune donne un avis : en gros, quand la personne, après plusieurs années de galère pour obtenir un logement suffisant et justifier d'un niveau de ressources stables, espère enfin pouvoir faire venir son conjoint et son (ses) enfant(s) ; on pourra toujours lui dire : pas d'intégration républicaine !
- sont carrément indésirables les « sans papiers ». Le projet de loi estime que 10 ans de séjour en France en situation d'extrême précarité, à alimenter des pans entiers de certains secteurs d'activité, n'est plus suffisant pour obtenir un titre (c'est le cas aujourd'hui ; autrefois on avait même une carte de 10 ans dans cette hypothèse). Le projet crée ainsi des irrégularités perpétuelles. Dans le même temps, la chasse aux sans papiers est ouverte : une circulaire du ministre de l'Intérieur et du garde des sceaux (du 21 février 2006) demandent aux préfets de piéger les étrangers concernés en leur envoyant des convocations, de procéder à des « rafles » dans les foyers et les quartiers « connus pour abriter des sans papiers » !

Certaines académies demandent aux établissements scolaires de leur donner la liste des jeunes scolarisés « sans papiers » (on est tenu d'avoir une carte de séjour à partir de l'âge de 18 ans) et de leurs parents en situation irrégulière. On institutionnalise les délations.

Au nom de la « promotion d'une immigration choisie », le projet met en place une sorte de hiérarchie (selon que l¹on est un peu et temporairement désiré, ou hautement désiré...) :
- le travailleur jetable en fonction de la carence de main d'oeuvre constatée dans certains métiers et zones géographiques. Les employeurs pourront « faire leur marché » ; les étrangers auront un titre de séjour dont la durée de validité sera la même que celle du contrat de travail. Si l'employeur rompt le contrat de travail, le titre de séjour est retiré. Pas d'allocations chômage, impossibilité de fait de se plaindre des conditions de travail. L'employeur devra juste payer le billet de retour :
- le bon étudiant étranger est celui qui sera choisi en fonction de son niveau, de son parcours et de l¹intérêt qu'il représente pour la France. Qu'il ait envie d'acquérir une qualification en France dans le domaine de son choix, dans le cadre d¹un projet professionnel, on s'en fout. Sont invités à rester ceux qui trouvent un boulot en six mois, c'est dire si le projet vise « le haut du panier »,
- les super « désirés » vont recevoir une nouvelle carte appelée par le projet « compétences et talents ». Pour eux : tapis rouge, droit de faire venir la famille sans condition. Cela concernera les chercheurs (de haut rang), les sportifs (à condition d'être performants), les artistes (d'une certaine notoriété), les hommes d'affaires et autres industriels puissants."

Sympa comme projet, non ?

2 commentaires:

L'emmerdeur a dit…

faire suivre...

Recherchez "David Shayler", "Rothschild Romanof", "Bilderberg", "PNAC 9/11", "projectcensored", "Gladio Jospin" "Sarkozy police israelienne" "Segolene Blair".

Tous en gréve...

marvin rouge a dit…

Au début je n'ai pas tout compris. Après, c'est devenu évident. J'y vais : "Visitez le blog de l'emmerdeur ! Le blog de l'emmerdeur est chouette ! Youpiiiiii !!!!"

Voilà. C'est fait.

l'adresse de l'emmerdeur, c'est ça : http://lemmerdeurdesneocons.blogspot.com/