13 septembre 2006

Censure en Ouzbékistan

Le Monde : "Le chanteur et dissident ouzbek Dadakhon Hassanov a été condamné à trois ans de prison avec sursis pour avoir dénoncé dans ses chansons la répression sanglante d'un soulèvement à Andijan (Est) en mai 2005, ont annoncé lundi des défenseurs ouzbeks des droits de l'Homme.

"Il a été condamné vendredi dans un procès à huis clos, mais les autorités judiciaires n'ont confirmé ce jugement qu'aujourd'hui", a indiqué à la sortie du tribunal Sourat Ikramov, qui dirige le Groupe d'initiative des défenseurs des droits l'Homme indépendants en Ouzbékistan.

Dadakhon Hassanov, 66 ans, était poursuivi pour insulte au président ouzbek Islam Karimov, menace à l'ordre constitutionnel du pays et diffusion d'informations représentant une menace à la sécurité publique. Il risquait 20 ans de prison.

Selon M. Ikramov, le chanteur avait renoncé à être défendu par un avocat, sous la pression des autorités ouzbèkes.

Ce dissident historique avait été poursuivi en avril, après l'arrestation de deux membres du parti d'opposition interdit Erk, tandis qu'ils écoutaient des enregistrements de M. Hassanov dénonçant la répression d'Andijan.

M. Hassanov décrivait dans ces textes Islam Karimov comme un "dragon" assoiffé de sang, tirant dans le dos de ses concitoyens et appelait le peuple à marcher sur la présidence.

Dissident soviétique et opposant de la première heure au régime de M. Karimov, il a connu la prison à plusieurs reprises et souffre encore de blessures infligées par ses geôliers successifs.

Il lui est interdit de s'exprimer en public ou d'enregistrer ses chansons depuis 1992.

La répression d'un soulèvement à Andijan a fait, selon les ONG, entre 500 et 1.000 morts en mai 2005. Les autorités ne reconnaissent que 187 décès, essentiellement ceux de "terroristes", et ont rejeté tous les appels à une enquête internationale indépendante.

Au moment du premier anniversaire de la répression, M. Hassanov avait confié dans un entretien à l'AFP vouloir poursuivre son travail malgré les poursuites à son encontre.

"Je continuerai toujours d'écrire, c'est le fardeau que j'ai à porter. Et s'ils tirent de nouveau, je leur répondrai en chantant", avait-il alors déclaré."

Une belle leçon de courage !

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