05 mai 2007

Mouvement n° 43 (avril-juin 2007)

Le numéro 43 de Mouvement est un numéro spécial de 192 pages, qui fait la part belle à des paroles politiques en invitant dans ses pages des artistes, penseurs, écrivains qui défendent un regard engagé sur le présent. Voici ce qu'on peut y lire en edito :

"Pour Ségolène Royal, et pas seulement

L'élection de Nicolas Sarkozy ouvrirait une période de fortes régressions sociales, civiles et culturelles. Au second tour, voter pour Ségolène Royal, c'est aussi espérer qu'émerge une nouvelle culture du politique

Au vu des résultats du premier tour de l'élection présidentielle française, il n'y a pas de quoi pavoiser... Malgré une participation record, malgré les nombreuses déclarations qui auront stigmatisé le « danger » que représente Nicolas Sarkozy pour la démocratie, l'ex-ministre de l'Intérieur et candidat de l'UMP a raflé plus de 30% des voix. Stratégie gagnante, donc, pour celui qui n'a cessé ces derniers mois d'occuper les médias et qui avait, ces dernières semaines, durci son discours au point de flirter sans complexes avec certains thèmes de l'extrême droite. C'est d'ailleurs en amenant sur son nom une partie de l'électorat de Le Pen que Sarkozy a réussi à maintenir à distance Ségolène Royal et François Bayrou. Pourtant, au soir même du premier tour, Nicolas Sarkozy changeait de registre, et dans une voix chargée de trémolos compassionnels, s'adressait à la « France qui souffre ». Pathétique, mais efficace, hélas ?

François Bayrou, pour sa part, a réussi un score plus qu'honorable, sans atteindre l'objectif qu'il s'était fixé de disputer le second tour. Et s'il est parvenu à séduire sept millions d'électeurs, ces derniers jours ont montré qu'une majorité de parlementaires UDF n'étaient pas disposés à suivre leur candidat à la présidentielle jusqu'au bout d'une logique d'opposition à l'UMP. La constitution d'un nouveau parti politique, centriste, reste semée de beaucoup d'embûches.
Ségolène Royal, enfin, a gagné son pari : en accédant au second tour, elle repousse le fantôme du 21 avril 2002. Mais cette première victoire n'est pas sans inconvénients... Alors qu'en 2002, la multiplicité des candidatures de gauche avait contribué à écarté Lionel Jospin, cette fois-ci, l'argument du « vote utile » a contribué à laminer les scores de Marie-George Buffet et de Dominique Voynet, annonçant des lendemains difficiles pour le Parti communiste et les Verts, renforts essentiels d'une gauche de gouvernement. Et à l'extrême gauche, seul Olivier Besancenot, pour la Ligue communiste révolutionnaire, parvient à tirer son épingle du jeu.

La configuration politique qui se dessine aujourd'hui ne laisse guère d'alternative. Une victoire de Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle ouvrirait un boulevard, pour les prochaines législatives, à une droite agressive et décomplexée. Après l'Espagne de Jose Maria Aznar et l'Italie de Silvio Berlusconi, qui en sont heureusement revenues, la France entrerait à son tour dans une période de très fortes régressions sociales, civiles et culturelles. Tout, dans le programme de Nicolas Sarkozy, s'oppose aux « valeurs » que défend Mouvement. Mais surtout, il est clair, hélas, que tout espace de contestation sera marginalisé à l'extrême. Et le slogan « Ensemble, tout devient possible » fait quelque peu froid dans le dos, car l'insidieux totalitarisme qu'il laisse entendre rejettera dans les sphères de l'impossible les voix discordantes qui ne se reconnaîtront pas dans cet « ensemble ».

Le choix de Ségolène Royal s'impose donc sans l'ombre d'un doute, quelles qu'aient pu être les réserves qu'ont parfois fait naître sa campagne électorale. Mais ce vote ne doit pas être guidé par la seule injonction d'un « Tout sauf Sarkozy ». Le choix de Ségolène Royal peut être un vote d'adhésion, pour peu que le Parti socialiste s'engage dans des « alliances » nouvelles, qui ne soient pas le seul fait de combinaisons politiciennes, mais qui puissent contribuer à revivifier la vie démocratique. Il faudra pour cela, et pas seulement le temps de « débats participatifs » pré-électoraux, associer à la réflexion et à la décision de nombreux interlocuteurs. Bien au-delà de ce que désigne la seule « gouvernance », une nouvelle culture du politique ne demande qu'à émerger."

Jean-Marc Adolphe, le 03-05-2007

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1 commentaire:

Pazpatu a dit…

Pas mieux. Votez Ségolène.